Québec International: 10 ans et loin de s'asseoir sur ses lauriers

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16 mai 2013

(Québec) Ne comptez pas sur Carl Viel et sur son équipe composée d'une quarantaine de professionnels de Québec International pour laisser l'économie de la région de Québec rouler sur le pilote automatique. Ça serait pourtant tellement facile!

Un taux de chômage de 4,5 % en avril, l'un des plus bas au Canada.

Des projets de construction en cours totalisant 8,5 milliards $ dans les secteurs industriel, résidentiel, institutionnel, commercial et des infrastructures publiques. Pas moins de 150 autres projets évalués à 7 milliards $ sont sur le point de décoller.

Et pour couronner le tout, le nombre de faillites en 2012 dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, qui couvre le territoire des villes de Québec et de Lévis, n'a jamais été aussi bas au cours des sept dernières années.

«Il reste encore passablement de pain sur la planche», fait remarquer le pdg de Québec International au cours d'une entrevue accordée au Soleil. «Il faut s'attarder à la productivité de nos entreprises. Il faut encourager les exportations. Il faut accroître la taille de nos entreprises. Et il y a le défi de la main-d'oeuvre.»

Ces jours-ci, l'heure est au bilan chez Québec International.

L'agence de développement économique - qui s'appelait, jadis, la Corporation de développement économique métropolitain (CODEM), puis qui a porté le nom de Pôle Québec-Chaudière-Appalaches jusqu'en 2010 - souffle cette année sur 10 chandelles.

D'ailleurs, en fin d'après-midi mercredi, la première ministre du Québec, Pauline Marois, le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités et ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, la ministre responsable des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, Agnès Maltais, et le maire de Québec, Régis Labeaume, participeront à un événement soulignant le 10e anniversaire de l'agence dont la création avait sonné le glas d'une époque marquée par l'absence de leadership en matière de développement économique dans la région. On y dénombrait pas moins de 94 organismes différents dont plusieurs marchaient dans les mêmes plates-bandes.

Doubler, tripler le chiffre d'affaires

Rien de moins que des chiffres pour témoigner de la performance économique de la région de 770 000 habitants.

De 2002 à 2012, le PIB réel a progressé de 24 % pour atteindre 32,5 milliards $. À ce chapitre, la région a enregistré la plus forte croissance au Québec et l'une des meilleures au pays. Pas moins de 73 300 emplois ont été créés au cours de la décennie. Quant au salaire moyen des habitants de la RMR de Québec, il a connu une poussée de 26 % entre 2002 et 2012 pour afficher 40 125 $, soit le taux le plus élevé au Québec.

«Il y a toujours des choses que l'on peut améliorer», insiste Carl Viel en précisant que la diversification de l'économie, amorcée il y a une vingtaine d'années, procurait de «solides assises» à la région qui mise sur des pôles d'excellence (aliments santé, arts numériques et divertissement internatif, bâtiment vert et intelligent, l'optique-photonique et géospatial, sciences de la vie et tourisme) dynamiques.

Pour le pdg de Québec International, il faut maintenant encourager les entreprises à prendre de l'expansion, à créer des emplois.

«Avouons-le, nous ne comptons pas sur la présence de très grandes entreprises sur le territoire. Il faut amener nos meilleurs éléments à doubler et à tripler leur chiffre d'affaires. Il faut que nos fleurons, comme EXFO ou Biscuits Leclerc, continuent de grandir. Leur impact sur l'écosystème économique régional est majeur», signale le pdg de l'agence chargée de faire la promotion de l'environnement d'affaires de la région de Québec. «Il faut se servir de l'exemple de nos compagnies d'assurances. Pendant des années, leur marché se limitait au Québec.

Puis, elles se sont mises à attaquer le marché canadien et à faire des acquisitions aux États-Unis. Regardez, aujourd'hui, leur importance dans la région. Selon nos données, le secteur des assurances et des services financiers génère 21 950 emplois directs et 23 350 emplois indirects chez nous.»

Bichonner les entreprises étrangères

Dans la même veine, il faut pousser les entreprises à exporter davantage. Québec International attend avec impatience les résultats d'une vaste enquête menée par KPMG SECOR sur le thème de l'internationalisation des entreprises.

«Il y a des entreprises qui sont confortables avec leurs chiffres d'affaires et qui ne désirent pas aller vendre à l'étranger. D'autres y voient des freins, des barrières. Les conclusions de l'enquête nous permettront d'identifier ce qui fait obstacle à l'internationalisation de nos entreprises.»

L'une des missions de Québec International est d'attirer des investissements étrangers.

À ce chapitre, l'agence a appuyé, en 2012, 12 projets d'investissements étrangers totalisant 50 millions $ qui ont permis de créer ou de maintenir 170 emplois.

Carl Viel explique que son organisation travaille principalement avec les sociétés internationales qui ont déjà une filiale au Québec. On compte 152 filiales de sociétés étrangères dans la RMR de Québec.

Ainsi, plutôt que de parcourir le monde à la recherche de prospects qui ne viendront jamais s'installer à Québec, l'agence a plutôt choisi de bichonner les multinationales qui ont déjà un pied-à-terre ici pour les aider à grandir. À l'étranger, elle va faire les yeux doux à des entreprises qui pourraient trouver leur compte en s'associant à des compagnies de Québec dans des créneaux bien définis comme celui des cosmétiques, par exemple. «Du même coup, ça permet à nos entreprises de trouver le chaînon manquant qui leur permettra de passer à l'étape de la commercialisation de leur produit.»

 

 

 http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201305/14/01-4650828-quebec-international-10-ans-et-loin-de-sasseoir-sur-ses-lauriers.php

 

 

 

 

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