Le Québec au 10e rang nord-américain

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7 novembre 2016

La presse+ affaires :  

 SCIENCES DE LA VIE

Le Québec, premier de classe nord-américain dans les sciences de la vie ? Pas tout à fait. Avec 450 entreprises et 56 000 emplois, la province se classe globalement au 10e rang du continent dans cette industrie de pointe, révèle une étude qui sera publiée aujourd’hui. Gros plan sur les forces, les faiblesses et les pistes de solution pour le Québec.

SCIENCES DE LA VIE

L’étude

Le secteur des sciences de la vie ratisse large, avec des emplois dans les entreprises pharmaceutiques, les technologies de l’information en santé ou encore les biotechnologies. Pour avoir une idée plus précise d’où se situait la province par rapport à ses concurrentes nord-américaines, l’organisme Montréal InVivo a commandé au groupe Roland Berger une vaste étude qui sera dévoilée aujourd’hui dans le cadre du Forum stratégique sur les sciences de la vie, organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. La cueillette et l’analyse des données ont pris environ un an.

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10e sur 15

Si le Québec se démarque à plusieurs égards, notamment pour ses faibles frais d’exploitation, il arrive au 10e rang du top 15 nord-américain, révèle l’étude. Le Massachusetts domine le classement, suivi de la Caroline du Nord et du New Jersey. L’Ontario devance le Québec au 7e rang, alors que la Colombie-Britannique et l’Alberta occupent les deux dernières places du classement. « Ça confirme à peu près là où je pensais qu’on se situait, soit 10e sur 15 en Amérique du Nord, explique Frank Béraud, président-directeur général de Montréal InVivo. Par contre, il y a des secteurs où je pensais qu’on scorerait mieux qu’on a scoré. »

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5,6 milliards

Malgré la fermeture de plusieurs gros centres de recherche au cours des dernières années, l’industrie des sciences de la vie demeure très importante au Québec – et surtout à Montréal, où se trouvent 80 % des emplois de la province. Le secteur fait vivre 56 000 travailleurs, répartis dans 450 entreprises et 150 centres de recherche publics. Ces organisations génèrent 1,6 % du produit intérieur brut québécois, soit 5,6 milliards de dollars. « Les emplois sont répartis de façon assez équilibrée dans différents secteurs, ce qui donne une certaine résilience à l’industrie lorsqu’il y a des turbulences », souligne Frank Béraud.

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Les forces

La province fait belle figure au chapitre de l’attraction des investissements directs étrangers, révèle l’étude. Elle se classe au quatrième rang nord-américain grâce à ses secteurs pharmaceutique et biotechnologique, qui attirent le plus grand volume de capitaux. Toutes proportions gardées, le Québec attire deux fois plus d’investissements que l’Ontario. Le Québec affiche par ailleurs les frais totaux d’exploitation les plus bas du continent, que ce soit au niveau des salaires ou de l’immobilier. La province détient un avantage financier de 20 % par rapport à la moyenne des 14 autres juridictions, souligne le rapport. « Le facteur numéro 1 qui attire les investissements, c’est la présence du talent, nuance toutefois Frank Béraud. Oui, les coûts d’opération sont bas à Montréal, mais ce n’est pas le facteur numéro 1. »

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Les faiblesses

L’industrie québécoise des sciences de la vie n’affiche pas de graves lacunes, mais plusieurs éléments pourraient lui permettre de se démarquer davantage. Parmi les faiblesses mises en lumière dans l’étude, on retrouve la petite taille du bassin de talent nécessaire « pour assurer une relève stratégique » dans l’industrie. « Aujourd’hui, on n’a pas de problème de talents en sciences de la vie, dit Frank Béraud. Par contre, si on arrivait à une situation dans quelques années où un gros joueur voulait s’installer, on pourrait se heurter à un problème comme dans l’industrie du jeu vidéo. » Le Québec se classe par ailleurs en queue de peloton quant au nombre de brevets détenus dans les domaines de la pharmacie et de la biotechnologie.

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L’espoir : une stratégie ambitieuse

L’organisme Montréal InVivo mise gros sur la future stratégie gouvernementale dans le secteur des sciences de la vie, qui devrait être annoncée au début de 2017. Frank Béraud espère que Québec mettra de l’avant un plan « ambitieux » et « durable » qui permettra à l’industrie de parler d’une seule voix, avec un message clair, histoire d’attirer encore plus d’investissements étrangers. Autre « point majeur » : Montréal InVivo souhaite que le système de santé québécois soit davantage enclin à intégrer des innovations développées au Québec. « La politique d’approvisionnement, qui favorise le soumissionnaire le plus bas, ne favorise pas l’intégration des innovations », dit M. Béraud.

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