Biotechnologies: après la vague d'investissements, la vague des emplois?

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19 juin 2012

Le secteur pharmaceutique en a bavé depuis bientôt deux ans, mais les nombreux financements dans le secteur québécois des sciences de la vie peuvent aider à récupérer la plupart des emplois perdus pendant cette période.

C’est ce qu’estime Paul Karamanoukian, responsable du secteur des sciences de la vie au Canada pour Ernst & Young, qui vient de publier une étude sur le financement du secteur des biotechnologies du pays.

« Il y a plusieurs organisations de recherche qui engagent », a-t-il confié à LesAffaires.com en marge de la publication de cette recherche indiquant que le Québec a remporté la part du lion en 2011, raflant 50 % du capital levé l’an dernier, ou 372,6 M$.

La province reprend ainsi la pôle position qu’elle a occupé à partir de 2002 dans le secteur des sciences de la vie, jusqu’à l’éclatement de la dernière crise financière.

À son avis, les investissements effectués pour la construction des deux hôpitaux universitaires dans la région montréalaise ont donné une impulsion au secteur.

« Nous avons vu plusieurs petites entreprises se lancer et attirer beaucoup de financement », a-t-il expliqué. « Et la construction des deux centres hospitaliers (Le CHUM et le CUSM, NDLR), va aussi nous aider s’ils continuent d’investir avec leurs centres de recherche. Cela contribue à mieux organiser l’industrie des sciences de la vie ».

Le milieu québécois des biotechnologies reste choyé, pense M. Karamanoukian, lorsque l’on regarde la qualité des universités, des hôpitaux et des entreprises présents, même si certaines compagnies ont fermé ou diminué leurs activités. « Les gens qui y travaillaient sont encore ici et peuvent se trouver des emplois dans d’autres centres de recherche. Cela reste une très bonne fondation pour le secteur ».

Le Québec conserve selon M. Karamanoukian une bonne part du marché dans l’industrie et devrait pouvoir la conserver, entre l’aide du gouvernement, du secteur privé et la contribution de nouveaux fonds de capital de risque tel que Teralys.

C’est sans compter les entrepreneurs d’expérience que l’on compte ici. « Même si certains ont échoué, cela reste une bonne expérience pour l’industrie », plaide M. Karamanoukian.

Puis, même on retrouve dans plusieurs pays des coûts plus bas pour la main d’œuvre, la qualité des chercheurs et des infrastructures locales permet quand même de faire une différence et d’attirer des investissements en capital de risque. « Si les fonds proviennent du capital de risque local ou du gouvernement, peut-être auront-ils le réflexe d’aller avec une recherche locale », souligne-t-il.

Selon le rapport d’Ernst & Young, l’Ontario s’est classé au deuxième rang par rapport au financement récolté dans les sciences de la vie en 2011, avec 177,3 M$, ou 24 % du financement total émis au Canada l’an dernier. La Colombie-Britannique arrive au troisième rang, avec 112,2 M$, ou 15 %.

Parmi les 740 M$ qui ont servi à capitaliser des entreprises, 574 M$ sont allés à des sociétés ouvertes et 166 M$ ont rempli les coffres de sociétés fermées.

La tendance à la hausse observée entre 2010 et 2011 (+ 257 M$) semble demeurer lors du premier trimestre de 2012.

http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/biotechnologies-et-pharmaceutique/biotechnologies-apres-la-vague-d-investissements-la-vague-des-emplois/545713

 


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