Un biogel pour mieux lutter contre le cancer

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21 janvier 2016

eux chercheurs montréalais ont fait une découverte prometteuse pour permettre au système immunitaire de lutter plus efficacement contre le cancer.

Un texte de Vincent MaisonneuveTwitterCourriel

Réjean Lapointe est un expert de la lutte contre le cancer. Sophie Lerouge est une ingénieure spécialisée en biomatériaux. Une fois réunis au Centre de recherche du CHUM, ces deux chercheurs ont mis leurs connaissances en commun pour développer une façon ingénieuse de s'attaquer aux cellules cancéreuses.

« C'est extrêmement, extrêmement prometteur comme approche! » — Réjean Lapointe, chercheur

Le chercheur souligne que l'immunothérapie du cancer a connu depuis quatre ou cinq ans des succès cliniques incroyables.

Il s'agit d'utiliser le système immunitaire pour lutter contre le cancer, explique Réjean Lapointe, professeur au Département de médecine de l'Université de Montréal et directeur du laboratoire d'immuno-oncologie du CHUM. Cette approche existe depuis une cinquantaine d'années.

Une armée à l'assaut de la tumeur

Le professeur Lapointe explique que le traitement consiste à prélever des cellules immunitaires directement du patient. Ces cellules sont multipliées en laboratoire pour en faire une sorte « d'armée » pour lutter contre la maladie. Cette légion de cellules immunitaires est ensuite injectée dans le sang.

On lance les cellules à l'assaut de la tumeur. Réjean Lapointe ajoute qu'en immunothérapie, on utilise des composés qui permettent au système immunitaire d'agir contre le cancer. « Ces composés immunothérapeutiques ne sont pas aussi toxiques que les autres traitements plus traditionnels. »

Une thérapie qui a des limites

Pour écouter les propos des chercheurs sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le chercheur admet que cette forme de thérapie a encore des limites. Comme ils voyagent dans le sang, les composés immunitaires s'éparpillent dans l'ensemble du corps du patient. Les troupes sont dispersées. L'assaut contre la tumeur est imprécis.

« Les composés qu'on va donner au patient vont aller partout dans le corps, et on a de la difficulté à atteindre la tumeur. » — Réjean Lapointe, chercheur

Pour espérer atteindre la tumeur, cette armée de composés immunothérapeutiques doit donc être constituée de dizaines de milliards de cellules.

« Un des gros défis, c'est qu'on a du mal à obtenir ces milliards de cellules nécessaires. [...] Certains patients ont donc le temps de décliner rapidement. » — Sophie Lerouge, chercheuse

Il faut parfois plusieurs semaines avant d'avoir un nombre suffisant de cellules immunitaires. Le délai fait en sorte que certaines cellules deviennent « fatiguées » et moins efficaces.

Un biogel pour une attaque plus ciblée

Le biogel développé dans le laboratoire de Sophie Lerouge, professeure au Département de génie mécanique de l'École de technologie supérieure, devrait corriger le problème. Il est constitué de poudre de carapace de crustacés qu'on dissout dans une solution acide pour ensuite être mélangée à un ingrédient gélifiant.

Le mystère de la recette, c'est le choix des bons agents gélifiants, selon Sophie Lerouge. « Le mélange reste liquide à température pièce, mais il se gélifie à 37 degrés », explique la chercheuse. Ces propriétés font du biogel le moyen de transport idéal pour l'armée de cellules immunitaires. Comme le gel est liquide à température pièce, on peut facilement l'injecter à proximité de la tumeur à l'aide d'une aiguille ou d'un cathéter.

Une fois bien au chaud à l'intérieur du corps, la solution se solidifie pour prendre l'apparence d'une sorte de gélatine. Au lieu de se disperser, les cellules anticancer restent concentrées autour de la tumeur. L'attaque est beaucoup plus ciblée, et on perd donc moins de temps à développer des cellules en laboratoire.

« Au lieu de mettre des centaines de milliards de composés immunitaires dans le sang, on en met quelques centaines de millions dans le gel pour les coller à la tumeur. Ils vont sortir du gel pour tuer la tumeur située directement à côté. » — Sophie Lerouge, chercheuse

Leur découverte est prometteuse, mais les chercheurs préviennent qu'il leur reste encore beaucoup de travail et de recherche avant de pouvoir administrer ce type de traitement aux humains.

 

 http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2016/01/21/002-decouverte-biogel-lutte-cancer-systeme-immunitaire.shtml?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 

 

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